A) LES LENTILLES  » PHAQUES « :

Les lentilles  » phaques  » sont destinées aux patients âgés de moins de 50 ans pour lesquels une correction au laser Excimer n’est pas indiquée. Le plus souvent ce sont des patients avec un défaut important supérieur à -10 ou +5 dioptries ou dont la cornée est trop fine, mais qui possèdent encore une capacité accommodative (la capacité d’arrondir son cristallin grâce aux muscles intérieurs) suffisante leur permettant de lire sans lunettes.
Ces lentilles peuvent être implantées à condition qu’il y ait assez de place dans l’œil : la chambre antérieure (la partie de l’œil comprise entre la cornée et l’iris) doit être suffisamment profonde. Il doit aussi y avoir aussi de cellules endothéliales, c’est-à-dire les cellules avec fonction de pompe qui garantissent la transparence cornéenne.
Il existe deux types de lentilles intraoculaires : les lentilles à fixation ciliaire (Artisan ou Verisyse) et les lentilles implantées en sulcus (ICL et PRL).

 

1. LES LENTILLES A FIXATION CILIAIRE:

Cette lentille est insérée dans la chambre antérieure après avoir pratiqué une incision d’environ 6mm. Elle est ensuite ancrée (clippée) à l’iris à l’aide de deux petits crochets qui forment partie intégrante de la lentille. L’incision est enfin suturée avec du fil très fin.

 

Avantages: cette lentille peut rester en place pour une période très longue (plus de 20 ans) et présente, par conséquent, un excellent profil de sûreté.
Désavantages: l’incision effectuée pour l’implantation est relativement grande et doit donc être suturée, ce qui peut provoquer parfois une déformation de la cornée (astigmatisme). Dans la plupart des cas, ce problème peut se résoudre une fois les points de suture enlevés, 6 à 8 semaines après l’opération.

2. LES LENTILLES IMPLANTEES EN SULCUS:

Ces lentilles sont insérées dans l’œil en pratiquant une incision d’environ 3 mm et placées entre l’iris et le cristallin, soit le  » sulcus capsulaire  » où elles restent grâce à ses extrémités. Il n’est pas nécessaire de suturer l’incision.

 

Avantages : puisqu’une très petite incision suffit, il n’y a pas de risque de déformation cornéenne (astigmatisme), ce qui permet une récupération visuelle rapide.
Désavantages : ce type de lentille étant relativement nouveau, le profil de sûreté est moins connu.

REALISATION DE L’INTERVENTION

Cette opération est effectuée sous anesthésie générale ou locale. Le médecin décide avec le patient de l’anesthésie la plus adéquate.

PHASE POSTOPERATOIRE

Après l’opération le patient ne peut pas se frotter l’œil opéré et doit instiller les gouttes prescrites suivant les instructions du médecin traitant. Il doit également éviter la natation pendant 3 semaines et faire preuve de prudence dans la pratique d’activités sportives (par exemple, on peut faire du vélo, mais pas jouer au football).

RISQUES

Correction insuffisante ou excessive. Le chirurgien essaye au préalable de déterminer le mieux possible la puissance de la lentille à placer pour obtenir un résultat optimal. Malheureusement, ces méthodes ne sont pas parfaites et parfois ne corrigent pas à 100% la myopie ou l’hypermétropie. En général, dans de tels cas, on corrige le défaut résiduel par le laser Excimer. Si cette méthode est contre-indiquée, le chirurgien peut envisager de remplacer la lentille implantée par une deuxième lentille de la puissance souhaitée.

 

Formation d’une cataracte. La cataracte est l’opacification du cristallin. Cette complication, qui concerne moins d’1% des patients opérés, peut survenir très rapidement ou des années après l’opération. Si la vision devient insuffisante à cause d’une cataracte, une intervention chirurgicale est possible afin de remplacer le cristallin par une lentille (cristallin artificiel) et permettre au patient de récupérer sa capacité visuelle.

Tension intra-oculaire élevée. Cette complication peut surgir assez rapidement après l’opération, mais dans la plupart des cas il s’agit d’un problème temporaire qui peut être résolu par une thérapie pharmacologique jusqu’à la disparition des symptômes. Dans de rares cas, il est nécessaire de retirer l’implant.

Oedème de la macula. Un œdème de la macula est le gonflement de la rétine, la partie de l’œil sur laquelle les images sont enregistrées. La macula, appelée aussi  » tache jaune « , est la portion de la rétine qui permet de mettre à feu ce qu’on voit. Si cette partie gonfle, les images apparaissent donc imparfaites et probablement déformées. L’œdème de la macula survient dans une opération sur 300. De nature presque toujours passagère, ce problème peut être permanent. Dans ce cas, une intervention spéciale (vitrectomie) peut être envisagée afin de le résoudre.

Infection. Il s’agit d’une complication très grave après un implant intra-oculaire qui peut entraîner la cécité. Elle est pourtant assez rare, ne se produisant que dans 0,15% des cas. Chez le patient atteint d’une infection, l’œil est rouge et douloureux. Il est indispensable de contacter le plus vite possible l’ophtalmologue traitant afin qu’il puisse immédiatement soigner l’œil.

Perte de cellules endothéliales. Les cellules endothéliales de la cornée ont une fonction de pompe et assurent la transparence cornéenne et donc une vision claire. Après l’implantation d’une lentille, une destruction plus rapide des cellules endothéliales peut parfois survenir, ce qui peut entraîner l’opacification de la cornée. C’est pourquoi il est primordial que le patient se présente au contrôle annuel chez son ophtalmologue, qui pourra déterminer, à l’aide d’une photographie endothéliale, s’il y a risque d’opacification cornéenne.